Le DPE 2027 en copropriété change de contenu, pas de barème. À partir du 1er janvier 2027, l'arrêté du 11 juin 2026 impose six nouvelles informations sur chaque diagnostic de performance énergétique et crée la mention A0, réservée aux bâtiments à émissions nulles. Les classes A à G et leurs seuils en kWh/m².an, eux, restent strictement identiques.
Autrement dit, aucune étiquette énergétique existante ne sera recalculée ni dégradée au 1er janvier 2027. Une copropriété classée D le restera. Ce qui évolue, c'est la richesse du document : le DPE devient une véritable fiche technique du bâtiment, avec des données sur les énergies renouvelables produites sur site, la durée de vie restante des équipements de chauffage ou encore l'aptitude des émetteurs à fonctionner en basse température.
Pour un syndic ou un conseil syndical, cette réforme n'est pas un détail technique. Elle transforme le DPE collectif en outil de pilotage : les nouvelles données préparent directement les arbitrages de rénovation énergétique des dix prochaines années. Nous vous expliquons ici, point par point, ce que change le DPE 2027 pour votre copropriété et comment vous y préparer sereinement.
Dernière mise à jour : septembre 2026
DPE 2027 : ce qui change concrètement pour votre copropriété
Trois évolutions structurent la réforme du DPE 2027. D'abord, six informations nouvelles s'ajoutent obligatoirement au diagnostic. Ensuite, une mention A0 apparaît pour distinguer les bâtiments à émissions nulles. Enfin, le mode de calcul de la production d'énergie renouvelable est précisé pour les immeubles collectifs, ce qui manquait jusqu'ici pour renseigner correctement un appartement raccordé à une installation partagée.
Ce qui ne change pas est tout aussi important à retenir :
- Les sept classes A à G et leurs seuils de consommation restent inchangés.
- Les DPE et DPE collectifs déjà réalisés conservent leur validité jusqu'à leur échéance.
- Le calendrier des interdictions de location (G depuis 2025, F à compter de 2028) n'est pas modifié par cet arrêté.
- Les obligations de DPE collectif et de PPPT en copropriété restent celles fixées par la loi Climat et Résilience.
Un contenu enrichi, un barème inchangé
Le DPE 2027 sera plus détaillé, pas plus sévère. C'est le message essentiel à faire passer en assemblée générale, car beaucoup de copropriétaires redoutent une nouvelle vague de déclassements comparable à la réforme de 2021. Rien de tel n'est prévu : la méthode 3CL et les seuils de consommation en énergie primaire ne sont pas retouchés par l'arrêté du 11 juin 2026.
En revanche, le diagnostic donnera une photographie beaucoup plus fine de votre immeuble. Un conseil syndical qui reçoit un DPE 2027 saura, par exemple, qu'il reste cinq ans de durée de vie estimée à la chaudière collective, ou que les radiateurs actuels sont compatibles avec une pompe à chaleur fonctionnant à basse température. Ce sont exactement les informations qui conditionnent la faisabilité d'un projet de rénovation.
Pour rappel, les règles générales du diagnostic restent consultables sur le site officiel service-public.fr, qui fait foi pour les propriétaires et les syndics.
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Que dit l'arrêté du 11 juin 2026 sur le DPE 2027 ?
L'arrêté du 11 juin 2026, publié au Journal officiel le 13 août 2026, s'applique aux diagnostics de performance énergétique établis à compter du 1er janvier 2027. Il enrichit le contenu réglementaire du DPE et crée la mention A0. Sa raison d'être est européenne : il adapte le DPE français à la directive sur la performance énergétique des bâtiments du 24 avril 2024, que le secteur appelle EPBD IV.
Cette directive vise un parc immobilier européen neutre en carbone à l'horizon 2050. Pour y parvenir, l'Union européenne a besoin de données comparables d'un pays à l'autre : production d'énergie renouvelable, vecteur énergétique dominant, capacité des bâtiments à s'adapter aux signaux du réseau électrique. Le DPE 2027 devient donc l'outil de collecte de ces informations à l'échelle du logement et de l'immeuble. Le texte de référence est consultable sur Legifrance, dans les éditions du Journal officiel.
Les six nouvelles informations du DPE 2027
Six données s'ajoutent à la fiche du diagnostic. Prises isolément, elles semblent techniques. Mises bout à bout, elles dessinent la trajectoire de rénovation possible d'un immeuble.
| Nouvelle information | Ce qu'elle indique | Intérêt pour la copropriété |
|---|---|---|
| Production d'énergie renouvelable sur site | Production annuelle en kWh, par source | Valorise le photovoltaïque ou le solaire thermique collectif |
| Part de renouvelable dans la consommation | Rapport entre production sur site et consommation finale totale | Mesure le degré d'autonomie énergétique de l'immeuble |
| Vecteur énergétique principal | Énergie dominante du chauffage et de l'eau chaude | Identifie immédiatement les immeubles encore dépendants du gaz ou du fioul |
| Durée de vie restante des équipements | Estimation pour le chauffage et la climatisation | Anticipe le renouvellement dans le plan pluriannuel de travaux |
| Aptitude des émetteurs à la basse température | Compatibilité des radiateurs avec un régime basse température | Conditionne la faisabilité d'une pompe à chaleur collective |
| Capacité à répondre aux signaux du réseau | Flexibilité énergétique du bâtiment | Prépare le pilotage intelligent de la consommation |
Une règle inédite pour les installations collectives
L'arrêté comble un vide qui bloquait les copropriétés équipées d'installations partagées. Désormais, la production d'énergie renouvelable attribuée à un logement s'obtient en multipliant celle du bâtiment par le rapport entre la surface de référence du logement et celle de l'immeuble. Concrètement, des panneaux photovoltaïques posés sur le toit se répartissent au prorata des surfaces sur le DPE de chaque appartement.
C'est une avancée réelle pour les immeubles qui ont investi dans le solaire collectif. Jusqu'à présent, cet effort restait largement invisible sur les diagnostics individuels, ce qui pénalisait les copropriétaires au moment de vendre ou de louer. Si votre copropriété étudie un projet de ce type, notre article sur les panneaux solaires en copropriété et l'autoconsommation collective détaille le montage juridique et financier.
La mention A0 : quelles copropriétés peuvent l'obtenir ?
La mention A0 distingue les bâtiments à émissions nulles. Pour l'obtenir, un immeuble doit remplir deux conditions cumulatives : être classé A ou B au sens de la méthode de calcul du DPE, et n'utiliser aucune énergie fossile pour produire la chaleur du chauffage et de l'eau chaude sanitaire. Il ne s'agit pas d'une huitième classe, mais d'une mention qui vient s'ajouter à l'étiquette existante.
Deux conditions cumulatives, pas une seule
La nuance est importante et souvent mal comprise. Une copropriété très bien isolée, classée A, mais chauffée au gaz collectif, n'obtiendra pas la mention A0. À l'inverse, un immeuble chauffé par une pompe à chaleur ou raccordé à un réseau de chaleur 100 % renouvelable mais classé C ne l'obtiendra pas non plus. Il faut la performance de l'enveloppe et la sortie complète des énergies fossiles.
Cette double exigence reflète la logique de la directive européenne : la sobriété d'abord, la décarbonation ensuite. C'est aussi, en pratique, l'ordre dans lequel un projet de rénovation en copropriété doit être conduit. Isoler avant de changer de système de chauffage permet de dimensionner une installation plus petite, donc moins coûteuse à l'achat et à l'usage.
Combien de copropriétés sont réellement concernées ?
Très peu, à court terme. L'essentiel du parc collectif français se situe entre les classes D et F, et une large majorité d'immeubles chauffés collectivement fonctionnent encore au gaz. La mention A0 concernera donc d'abord les constructions récentes, les opérations neuves et quelques rénovations globales particulièrement abouties.
Elle constitue néanmoins un signal utile pour les copropriétés qui engagent un programme ambitieux. Atteindre A0 suppose généralement d'associer une isolation performante à un changement de système, par exemple via une pompe à chaleur collective ou un raccordement à un réseau de chaleur urbain alimenté majoritairement en énergies renouvelables. Ces scénarios sont précisément ceux que l'on modélise dans un plan pluriannuel de travaux.
Vos DPE et DPE collectifs réalisés avant 2027 restent-ils valables ?
Oui. Un DPE ou un DPE collectif réalisé avant le 1er janvier 2027 conserve toute sa validité jusqu'à son échéance, soit dix ans après sa réalisation. L'arrêté du 11 juin 2026 s'applique uniquement aux diagnostics établis à compter du 1er janvier 2027. Aucune étiquette ne sera recalculée rétroactivement, et votre copropriété n'a aucune obligation de refaire son diagnostic à cette date.
C'est une différence majeure avec la réforme de 2021, qui avait modifié la méthode de calcul et entraîné des déclassements en chaîne. Ici, la logique est purement additive : plus d'informations sur le document, mêmes seuils, mêmes classes.
Ce qui a déjà changé au 1er janvier 2026
Une autre évolution, souvent confondue avec celle de 2027, est déjà entrée en vigueur. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'énergie finale en énergie primaire pour l'électricité est passé de 2,3 à 1,9, en application de l'arrêté du 13 août 2025. Cette modification reflète la décarbonation du mix électrique français.
Concrètement, elle améliore mécaniquement l'étiquette des logements et des immeubles chauffés à l'électricité. Certaines copropriétés en chauffage électrique ou équipées d'une pompe à chaleur ont ainsi gagné une classe sans avoir engagé le moindre travaux. Si votre DPE collectif date d'avant 2026 et que votre immeuble est chauffé à l'électricité, il peut être pertinent d'en faire réévaluer l'impact.
Faut-il attendre 2027 pour faire son DPE collectif ?
Non, et c'est même déconseillé. L'obligation de réaliser un DPE collectif est déjà en vigueur pour l'ensemble des copropriétés concernées, et attendre douze mois vous expose à un risque juridique inutile. Un syndic qui n'a pas fait voter ce diagnostic engage sa responsabilité, et la copropriété se retrouve en situation d'irrégularité lors des ventes de lots.
Par ailleurs, le calendrier de mise en œuvre d'un projet de rénovation en copropriété se compte en années, pas en mois. Entre le diagnostic, le vote en assemblée générale, le montage des aides et la réalisation des travaux, trois à cinq ans s'écoulent couramment. Retarder le point de départ ne fait que décaler l'ensemble.
👉 À lire aussi : les sanctions en cas d'absence de DPE collectif
Comment préparer votre copropriété au DPE 2027
Se préparer au DPE 2027 revient surtout à être en règle avec les obligations déjà applicables et à rassembler les données techniques que le nouveau diagnostic exigera. Trois actions concrètes suffisent à prendre de l'avance : vérifier votre conformité réglementaire, constituer un dossier technique à jour, et articuler diagnostic et plan de travaux.
Vérifiez où en est votre copropriété
Les obligations de DPE collectif et de PPPT sont désormais pleinement déployées, quelle que soit la taille de l'immeuble. Voici le récapitulatif des échéances à connaître.
| Taille de la copropriété | DPE collectif obligatoire depuis | PPPT obligatoire depuis |
|---|---|---|
| Plus de 200 lots | 1er janvier 2024 | 1er janvier 2023 |
| De 51 à 200 lots | 1er janvier 2025 | 1er janvier 2024 |
| 50 lots ou moins | 1er janvier 2026 | 1er janvier 2025 |
Le DPE collectif concerne les immeubles à usage principal d'habitation dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Le PPPT s'impose aux copropriétés de plus de quinze ans. Les deux documents doivent être présentés à l'assemblée générale par le syndic.
Rassemblez les données techniques dès maintenant
Les six nouvelles informations du DPE 2027 supposent des données que beaucoup de copropriétés ne centralisent pas. Anticipez en réunissant : les années d'installation et les fiches techniques des chaudières, pompes à chaleur et ballons d'eau chaude ; les caractéristiques des émetteurs de chauffage (radiateurs, planchers chauffants) et leurs températures de fonctionnement ; les contrats et productions annuelles d'éventuelles installations solaires ; les rapports d'entretien des trois dernières années.
Ce travail de collecte n'est jamais perdu. Il alimente aussi bien le DPE collectif que le plan pluriannuel de travaux, et il fait gagner un temps considérable au bureau d'études lors de la visite technique.
Articulez diagnostic, plan de travaux et aides
Un DPE collectif isolé ne déclenche rien. C'est sa combinaison avec un plan pluriannuel de travaux chiffré qui permet de voter un programme et de mobiliser les financements. En 2026, MaPrimeRénov' Copropriété finance jusqu'à 30 % du montant des travaux pour un gain énergétique d'au moins 35 %, et jusqu'à 45 % pour un gain d'au moins 50 %, selon le mode d'emploi publié par l'Anah. L'accompagnement par une assistance à maîtrise d'ouvrage est obligatoire pour déposer le dossier.
Attention à un point récent : depuis septembre 2026, les aides aux rénovations monogestes ont été réduites et l'installation d'une chaudière gaz n'est plus financée par MaPrimeRénov' Copropriété. Les copropriétés ont donc tout intérêt à construire un projet global plutôt qu'une succession de gestes isolés.
Ce qu'il faut retenir du DPE 2027 en copropriété
Le DPE 2027 en copropriété est une réforme de contenu, pas de sévérité. Six informations supplémentaires, une mention A0 pour les bâtiments à émissions nulles, une règle claire de répartition de la production renouvelable entre logements : voilà l'essentiel de l'arrêté du 11 juin 2026. Vos étiquettes actuelles ne bougent pas et vos diagnostics en cours restent valables.
Pour un syndic ou un conseil syndical, la bonne nouvelle est que cette réforme va dans le sens du pilotage. Un DPE 2027 vous dira combien de temps il reste à vivre à votre chaudière et si vos radiateurs accepteront une pompe à chaleur. Ce sont des réponses qu'il fallait auparavant aller chercher dans une étude séparée. La priorité de 2026 reste toutefois la même : être en conformité avec le DPE collectif et le PPPT, puis transformer ces documents en programme de travaux finançable.
FAQ : vos questions sur le DPE 2027 en copropriété
Le DPE 2027 va-t-il déclasser ma copropriété ?
Non. L'arrêté du 11 juin 2026 ne modifie ni la méthode de calcul, ni les seuils des classes A à G. Aucune étiquette ne sera recalculée au 1er janvier 2027. Le diagnostic devient plus détaillé, pas plus sévère.
À partir de quand s'applique le nouveau DPE ?
Aux diagnostics de performance énergétique établis à compter du 1er janvier 2027. Les DPE et DPE collectifs réalisés avant cette date restent valables jusqu'à leur échéance, soit dix ans après leur réalisation.
Qu'est-ce que la mention A0 du DPE ?
C'est une mention réservée aux bâtiments à émissions nulles. Elle exige deux conditions cumulatives : être classé A ou B au sens du DPE, et n'utiliser aucune énergie fossile pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Ce n'est pas une huitième classe, mais une distinction qui s'ajoute à l'étiquette.
Quelles sont les six nouvelles informations du DPE 2027 ?
La production d'énergie renouvelable sur site, sa part dans la consommation finale, le vecteur énergétique principal, la durée de vie restante des équipements de chauffage et de climatisation, l'aptitude des émetteurs à la basse température et la capacité du bâtiment à répondre aux signaux du réseau.
Comment la production solaire collective est-elle répartie entre les logements ?
Au prorata des surfaces. La production attribuée à un logement s'obtient en multipliant la production du bâtiment par le rapport entre la surface de référence du logement et celle de l'immeuble. C'est la règle qui manquait pour valoriser le photovoltaïque collectif sur les DPE individuels.
Faut-il refaire son DPE collectif à cause du DPE 2027 ?
Non, aucune obligation de renouvellement anticipé n'est prévue. En revanche, les copropriétés qui n'ont pas encore réalisé leur DPE collectif doivent le faire sans attendre, l'obligation étant déjà en vigueur pour toutes les tailles d'immeubles. Notre article sur le prix d'un DPE collectif vous aidera à budgéter cette démarche.
Le calendrier d'interdiction de location change-t-il en 2027 ?
Non. L'arrêté du 11 juin 2026 ne touche pas au calendrier des passoires thermiques. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025 et les logements classés F le seront à compter de 2028. Pour comprendre l'articulation entre diagnostic collectif et droit de louer, consultez notre article sur le DPE collectif et la location.






